
Le droit du travail maritime présente des différences importantes par rapport au droit du travail terrestre. La plus frappante d’entre elles est la règle de la durée minimale de 6 mois imposée aux contrats de gens de mer à durée indéterminée : L’employeur ne peut pas licencier le gens de mer dans les six premiers mois, sauf pour un motif légitime. Dans cet article, nous examinons les types de contrats de gens de mer, la signification de la durée minimale de 6 mois, les conséquences d’une résiliation abusive avant la fin de la durée du contrat (salaire pour la période restante, indemnité de départ, préavis, congés annuels) et le principe de compensation pour le salaire restant, à la lumière de la loi n° 854 sur le droit du travail maritime et de la jurisprudence de la Cour de cassation.
Bref Résumé
Le contrat de gens de mer peut être établi sous trois formes : à durée déterminée, pour un voyage spécifique ou à durée indéterminée (art. 7 de la loi sur le travail maritime).
Le contrat à durée indéterminée ne peut être résilié, sauf motifs légitimes (art. 14), avant l’expiration de six mois à compter de l’embauche — une sorte de « contrat de travail à durée minimale ».
En cas de résiliation abusive avant l’expiration de la durée du contrat/durée minimale, le gens de mer peut réclamer le salaire pour la période restante (art. 438 du Code des Obligations Turc) et, si les conditions sont remplies, l’indemnité de départ.
L’indemnité de préavis n’est due qu’en cas de résiliation d’un contrat à durée indéterminée sans respecter le délai de préavis ; elle ne s’applique pas en cas de résiliation anticipée d’un contrat à durée déterminée/minimale.
Les sommes économisées par le gens de mer en ne travaillant pas et celles gagnées/intentionnellement non gagnées par un autre emploi sont déduites du salaire pour la période restante.
1. Types et formalisme du contrat de gens de mer (LTM art. 7 et 5)
Conformément à l’article 7 de la Loi sur le Travail Maritime n° 854, le contrat de travail entre le marin et l’employeur peut être établi de trois manières : pour une durée déterminée, pour un voyage spécifique ou à durée indéterminée (à durée indéterminée). Le contrat à durée déterminée prend fin à l’expiration de la durée ; quant au contrat conclu pour un voyage spécifique, il prend fin automatiquement au déchargement du navire dans le port d’arrivée à la fin du voyage.
L’article 5 de la Loi prévoit que le contrat doit être conclu par écrit et qu’une copie doit être remise à chacune des parties. En l’absence de contrat écrit ou si la durée n’est pas déterminée, le contrat est réputé à durée indéterminée. La forme écrite est déterminante, notamment pour prouver le type, la durée et la rémunération du contrat.
2. La spécificité du droit du travail maritime : La durée minimale de 6 mois (LTM art. 16/A)
Alors que dans le droit du travail terrestre, un contrat à durée indéterminée peut en principe être résilié à tout moment (sous réserve du respect du préavis), il existe une garantie spéciale dans le droit du travail maritime. L’article 16/A de la LTM est clair :
« Le contrat de travail à durée indéterminée ne peut être rompu avant l’expiration d’un délai de six mois à compter de l’embauche du marin, sauf dans les situations mentionnées à l’article 14. »
Cette disposition transforme en fait le contrat à durée indéterminée du marin en un contrat de travail à durée minimale : l’employeur ne peut pas licencier le marin au cours des six premiers mois, sauf en présence des motifs de résiliation justifiée prévus à l’article 14. Dans la pratique jurisprudentielle de la Cour de cassation, cette réglementation a également été acceptée comme un exemple typique de contrat de travail à durée minimale dans notre législation. Par conséquent, même en l’absence de contrat écrit ou de détermination de durée, une interdiction de résiliation s’applique aux parties pendant les six premiers mois (sauf motifs légitimes).
Prolongation du contrat
Si, à la fin d’un contrat de service à durée déterminée, le marin continue à travailler avec le consentement de l’employeur, le contrat est réputé prolongé pour la même durée. C’est une conséquence importante de la poursuite tacite des contrats à durée déterminée.
3. Résiliation abusive avant l’expiration du contrat : Les droits du marin
Si le contrat (à durée déterminée ou à durée minimale de 6 mois) est résilié par l’employeur sans motif légitime avant son expiration, les principaux droits que le marin peut réclamer sont les suivants :
| Droit | Description / Fondement |
|---|---|
| Rémunération de la période restante | En cas de résiliation abusive avant l’expiration de la durée minimale ou de la durée déterminée, le marin peut réclamer la rémunération de la période restante (par analogie avec l’art. 438 du Code des Obligations Turc). Le principe de la compensation s’applique (voir ci-dessous). |
| Indemnité d’ancienneté | Lorsque les conditions sont remplies (notamment en cas de résiliation abusive anticipée d’un contrat à durée déterminée/minimale), une indemnité d’ancienneté d’un montant égal à 30 jours de salaire est due pour chaque année complète (art. 20 du Code du Travail Maritime). |
| Indemnité de préavis | N’est due qu’en cas de résiliation d’un contrat à durée indéterminée sans respect du délai de préavis (art. 16/B). L’indemnité de préavis n’est pas applicable en cas de résiliation anticipée d’un contrat à durée déterminée ou de durée minimale. |
| Congé annuel payé | Est conditionné à un minimum de 6 mois de travail au service du même employeur/sur le même navire au cours d’une année civile (art. 40 du Code du Travail Maritime). Le droit au congé annuel ne naît pas pour une ancienneté inférieure à 6 mois. |
4. Préavis de Résiliation (Délais de Préavis) — DİK m. 16/B
Lors de la résiliation régulière d’un contrat à durée indéterminée (après 6 mois), un préavis doit être donné en fonction de la durée de service :
| Durée de service | Préavis (Délai de Préavis) |
|---|---|
| 6 mois accomplis | 2 semaines |
| 6 mois – 1,5 an | 4 semaines |
| 1,5 an – 3 ans | 6 semaines |
| Plus de 3 ans | 8 semaines |
Ces préavis sont minimaux et peuvent être augmentés par une convention collective ou un contrat de travail. La partie qui ne respecte pas le préavis paie une indemnité de préavis équivalente au salaire correspondant à la durée du préavis (art. 16/D). De plus, dans les cas où le droit de résiliation est abusé, comme l’adhésion du marin à un syndicat ou le dépôt d’une plainte, une indemnité égale au triple du salaire de préavis est due.
5. Principe de Compensation dans le Salaire de la Période Restante (TBK m. 438)
Dans les cas où il n’y a pas de réglementation spéciale dans le Code du travail maritime (par exemple, le calcul du salaire pour la durée restante), l’article 438 du Code des obligations turc est appliqué par analogie. Conformément à cet article, lors du calcul du salaire pour la durée restante, le montant économisé par le marin pendant la période où il n’a pas travaillé en raison de la résiliation, ainsi que les revenus obtenus d’un autre emploi (ou intentionnellement évités) pendant cette période, sont déduits du montant total. Cela empêche le marin de réaliser un double profit ; le montant qui peut être réclamé est le montant restant après cette déduction.
6. Tribunal Compétent
Les litiges découlant du contrat de travail des marins soumis à la loi n° 854 relèvent de la compétence des Tribunaux du travail conformément à la loi n° 7036 sur les tribunaux du travail. Avant d’intenter une action en justice, il convient également de prendre en compte la condition préalable de médiation prévue pour les litiges du travail.
Points à considérer en pratique :
Le type (déterminé/voyage/indéterminé) et la durée du contrat déterminent les droits qui en découlent ; c’est pourquoi un contrat écrit et sa copie sont d’une importance capitale.
En cas de résiliation abusive, le type et la durée du contrat sont d’abord évalués, puis le salaire résiduel + l’ancienneté + (le cas échéant) le préavis sont évalués séparément.
Dans le cadre d’une demande de salaire résiduel, les éléments de déduction (revenus d’un autre emploi, etc.) doivent être pris en compte dès le départ.
Les délais de prescription pour les salaires, les heures supplémentaires et les indemnités de congé ne doivent pas être manqués.

Durée et types de contrats de travail selon le Code du travail maritime
Conformément à l’article 7 de la loi n° 854 sur le droit du travail maritime, les contrats de service entre les gens de mer et les employeurs peuvent être établis de trois manières différentes :
Pour une durée déterminée,
Pour un voyage déterminé,
Pour une durée indéterminée.
Non-détermination de la durée du contrat et règle de la durée minimale : La loi sur le droit du travail maritime, contrairement au droit du travail général, a prévu une « durée minimale » pour les contrats à durée indéterminée. Comme indiqué dans les décisions de la Grande Assemblée générale d’unification de la jurisprudence de la Cour de cassation (datée du 23.02.2018, dossier n° 2017/1 – décision n° 2018/2) et de la Grande Assemblée générale de la Cour de cassation (datée du 08.03.2019, dossier n° 2017/10 – décision n° 2019/1) ; conformément à l’article 16 de la loi, les contrats de service à durée indéterminée ne peuvent être rompus avant l’expiration d’un délai de six mois à compter de l’embauche du marin. Cette disposition est considérée comme un exemple typique de « contrat de travail à durée minimale » dans la législation turque du droit du travail. Par conséquent, si la durée du contrat n’est pas déterminée ou s’il n’existe pas de contrat écrit, le contrat est considéré comme étant à durée indéterminée, mais il présente une structure juridique incluant une interdiction de résiliation pour les parties pendant les 6 premiers mois (sauf pour des motifs légitimes).
Prolongation du contrat : Si, à la fin d’un contrat de service à durée déterminée, le marin continue à travailler avec l’accord de l’employeur, le contrat est réputé prolongé pour la même durée (9e Chambre civile de la Cour de cassation, datée du 16.12.2024, dossier n° 2024/10149 – décision n° 2024/16175 ; 9e Chambre civile de la Cour de cassation, datée du 26.11.2025, dossier n° 2025/6353 – décision n° 2025/9178).
Droits du marin en cas de rupture du contrat de travail avant l’expiration de 6 mois
Les droits qu’un marin peut revendiquer en cas de résiliation de son contrat de travail par l’employeur sans motif légitime, avant l’expiration de la durée légale ou contractuelle (en particulier avant l’achèvement de la période minimale de 6 mois), sont résumés ci-dessous à la lumière des décisions de justice :
| Catégorie de Droit | Description et Décision de Référence |
|---|---|
| Rémunération de la Durée Résiduelle | En cas de résiliation abusive du contrat avant l’expiration de la période minimale de 6 mois ou de la durée déterminée, le marin peut réclamer la rémunération correspondant à la durée restante. (Yargıtay 9. HD, 08.04.2013, 2012/21256 E. – 2013/11389 K.) |
| Indemnité de Licenciement | En cas de résiliation abusive d’un contrat à durée déterminée avant son terme, le marin peut prétendre à une indemnité de licenciement. (Yargıtay 9. HD, 16.12.2024, 2024/10149 E. – 2024/16175 K.) |
| Indemnité de Préavis | Dans le cas de contrats à durée déterminée ou de résiliation anticipée d’un contrat à durée minimale, il n’est pas possible de prétendre à une indemnité de préavis. L’indemnité de préavis n’est applicable qu’en cas de résiliation régulière des contrats à durée indéterminée. (Yargıtay 9. HD, 17.02.2015, 2013/10445 E. – 2015/6930 K.) |
| Congés Payés Annuels | Un marin dont l’ancienneté est inférieure à 6 mois n’a pas droit aux congés payés annuels. (Yargıtay 9. HD, 09.05.2017, 2015/9036 E. – 2017/8163 K.) |
Principe de déduction de l’indemnité : Selon la Cour de Cassation, Assemblée Générale Civile (décision du 06.07.2021, dossier n° 2017/2363, décision n° 2021/923), lors du calcul de la rémunération pour la durée restante, les montants économisés par l’employé pendant la période où il n’a pas travaillé en raison de la résiliation du contrat, ainsi que les revenus qu’il a tirés d’un autre emploi (ou auxquels il a délibérément renoncé), doivent être déduits de l’indemnité totale.
Foire Aux Questions (FAQ)
Un marin peut-il être licencié dans les 6 premiers mois ?
Dans un contrat à durée indéterminée, conformément à l’article 16/A de la loi sur le travail maritime, le marin ne peut être licencié avant l’expiration d’un délai de six mois à compter de son embauche, sauf pour motifs légitimes (art. 14). En cas de résiliation abusive avant l’expiration de ce délai, le marin peut réclamer la rémunération restante pour la durée non effectuée.
Quels sont les droits d’un marin s’il n’y a pas de contrat écrit ?
S’il n’y a pas de contrat écrit ou si la durée n’est pas spécifiée, le contrat est considéré comme à durée indéterminée et la garantie d’une durée minimale de 6 mois s’applique. La forme écrite est importante pour la preuve ; le type, la durée et la rémunération du contrat sont facilement prouvés par ce document.
Une indemnité de préavis est-elle payable en cas de résiliation anticipée d’un contrat à durée déterminée ?
Non. L’indemnité de préavis n’est due qu’en cas de résiliation d’un contrat à durée indéterminée sans respecter le délai de préavis. En cas de résiliation anticipée d’un contrat à durée déterminée ou de la durée minimale, ce n’est pas une indemnité de préavis, mais la rémunération restante pour la durée non effectuée (art. 438 du Code des Obligations turc) qui est en jeu.
Une déduction est-elle appliquée sur la rémunération de la durée restante ?
Oui. Conformément à l’article 438 du Code des Obligations turc, les montants économisés par le marin pendant la période où il n’a pas travaillé et les revenus qu’il a tirés d’un autre emploi (ou auxquels il a délibérément renoncé) sont déduits de la rémunération restante.
Combien de temps un marin doit-il travailler pour avoir droit aux congés annuels ?
Il doit avoir travaillé au moins 6 mois au service du même employeur ou sur le même navire au cours d’une année civile (Loi sur le Travail Maritime, art. 40). Pour une ancienneté inférieure à 6 mois, aucun congé annuel payé n’est accordé.
Sources
Sources officielles : Loi sur le Travail Maritime n° 854 (mevzuat.gov.tr) · Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale — FAQ sur la Loi sur le Travail Maritime
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Pourquoi le soutien d’un avocat expert est-il nécessaire ?
Le droit du travail maritime contient des règles spécifiques différentes du droit du travail terrestre (durée minimale de 6 mois, contrats basés sur les voyages, délais de préavis spéciaux). Le droit applicable varie en fonction du type de contrat, de sa durée et du motif de la résiliation. La bonne formulation des demandes de salaire résiduel, d’indemnité d’ancienneté et de préavis, la prise en compte des éléments de compensation et de la prescription, sont déterminantes pour le recouvrement complet et sécurisé de la créance.
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Cet article est à titre d’information générale ; il ne constitue ni un avis juridique ni un service d’avocat. Chaque litige doit être évalué selon ses conditions spécifiques.


