Introduction

Cette étude analyse, à la lumière des décisions de justice, si un marin, dans le cadre d’un contrat de service à durée déterminée (engagé), a le droit de réclamer les salaires qu’il aurait perçus pendant la durée du contrat, s’il ne peut pas commencer le travail ou s’il cesse de travailler pour une raison indépendante de sa volonté, telle qu’un embargo. En outre, les droits spéciaux et exceptionnels reconnus aux marins dans le cadre de la Loi sur le travail maritime et la législation pertinente ont également été examinés. L’analyse révèle l’impact de facteurs tels que la partie qui résilie le contrat, le motif de la résiliation et la faute du marin sur le résultat.

La partie qui résilie le contrat est déterminante : Selon la jurisprudence, le facteur le plus important dans la demande de rémunération pour la durée restante du contrat est de savoir qui a résilié le contrat. Si le marin lui-même résilie le contrat, il ne peut, en règle générale, pas réclamer la rémunération pour la durée restante. En cas de résiliation abusive par l’employeur, cette demande est généralement acceptée.

La faute empêche la revendication d’un droit : Si le marin est reconnu fautif dans un événement qui empêche le navire de prendre la mer ou qui entraîne sa détention, les demandes de salaire et d’indemnisation résultant de cette situation sont rejetées. La Cour de cassation adopte le principe selon lequel « en droit, nul ne peut se prévaloir d’un droit en sa faveur en raison d’une situation résultant de sa propre faute ».

Application des règles d’« équité et de bonne foi » dans les facteurs externes tels que l’embargo : Dans des situations similaires à un embargo, comme la détention d’un navire au port, la demande de rémunération pour la durée restante du contrat pour la période où le marin n’a pas pu travailler sans faute de sa part est évaluée par les tribunaux. Dans de telles situations, il a été observé que la Cour de cassation a décidé, au lieu du salaire complet, qu’un paiement soit effectué avec une certaine réduction dans le cadre des « règles d’équité et de bonne foi » .

La détermination du droit applicable est importante : Que le navire sur lequel le marin travaille batte pavillon turc ou étranger, cela affecte directement la loi applicable au litige (Loi n° 854 sur le travail maritime ou Code des obligations turc n° 6098) et la juridiction compétente (Tribunal du travail ou Tribunal civil/commercial de première instance). Cette distinction modifie l’étendue des droits et la procédure de réclamation.

Droits spéciaux de résiliation accordés au marin par le Code du travail maritime : Le Code du travail maritime contient des dispositions exceptionnelles qui permettent au marin de résilier le contrat pour un motif légitime et de réclamer certains droits, tels que l’indemnité de départ, dans des situations telles que le non-paiement de son salaire ou l’incapacité du navire de prendre la mer pendant plus de 30 jours.

1. Résiliation du contrat et salaire pour la durée restante

Le principe fondamental dans les décisions examinées est l’identité de la partie qui résilie le contrat. Cette situation est clairement énoncée dans la décision n° 2025/94 de la 9e Chambre civile de la Cour de cassation : « …alors que la résiliation du contrat de travail par le travailleur-demandeur aurait dû entraîner le rejet des demandes de dommages et intérêts pour le montant du salaire de la durée restante au titre de l’article 438 de la loi n° 6098 et de l’indemnité de résiliation abusive… » Cette décision stipule clairement que si le marin met fin lui-même au contrat, il ne peut pas réclamer de salaire pour la durée restante. En revanche, il existe de nombreuses décisions selon lesquelles le marin a droit au salaire pour la durée restante lorsque l’employeur a résilié le contrat de manière injustifiée avant son terme (par ex. : 13e Chambre civile de la Cour régionale d’appel d’Istanbul, 2019/1901 E. – 2021/1286 K.).

2. Situations d’embargo ou similaires et l’effet de la faute

Le scénario le plus proche de la question de l’utilisateur concerne les situations où le navire est empêché de prendre la mer. À ce stade, deux décisions importantes se distinguent :

La décision n° 2015/53 E. – 2019/132 K. du 17e Tribunal de Commerce d’Istanbul, a examiné la rétention d’un navire aux États-Unis en raison de la pollution marine. Le tribunal a jugé que le marin était en faute dans la survenue de cet événement et a donc rejeté la demande de salaire. L’énoncé suivant de la décision résume le point de vue des tribunaux : « …puisque personne en droit ne peut réclamer un droit en sa faveur en raison d’une situation résultant de sa propre faute, et qu’il a été conclu que le demandeur ne peut faire aucune réclamation suite aux conséquences de l’événement de pollution marine causé par sa propre faute, il a été nécessaire, à la lumière de cette conclusion, de statuer pour le rejet de l’affaire. »

La décision n° 2012/3064 E. – 2013/3367 K. de la 11e Chambre Civile de la Cour de Cassation, quant à elle, a examiné la demande de salaire restant dû pour la période pendant laquelle le marin n’a pas pu travailler, dans le cas où le navire est saisi au port et empêché de prendre la mer, sans faute du marin. La Cour de Cassation, dans ce cas, a décidé que ce n’est pas la totalité du salaire restant dû, mais un montant réduit, « en tenant compte des règles d’équité » , qui doit être payé.

Lorsque ces deux décisions sont évaluées ensemble, il est compris que dans le cas où un marin ne peut pas travailler en raison d’une cause externe comme un embargo ; si le marin n’a aucune faute dans l’événement, il y a une possibilité de réclamer un salaire pour la période restante dans la mesure de l’équité, mais s’il est en faute, il ne peut réclamer aucun droit.

3. Autres droits exceptionnels accordés aux marins

Les décisions de justice montrent que la loi maritime n° 854 offre certaines protections spéciales aux gens de mer. En voici quelques-unes :

Droit de résiliation en cas de non-paiement du salaire : Le non-paiement du salaire conformément aux dispositions légales ou contractuelles confère au marin le droit de résilier immédiatement le contrat (Loi maritime art. 14/II-a). Dans ce cas, le marin peut également avoir droit à une indemnité de préavis (9ème Chambre civile de la Cour de cassation, 2016/20894 E. – 2020/8119 K.).

Retrait du navire du service : Si le navire devient incapable de naviguer pour quelque raison que ce soit pendant plus de 30 jours, cela donne le droit de résilier le contrat tant à l’employeur qu’au marin (Loi maritime art. 14/III-b). Cette disposition peut constituer une base légale pour que le marin mette fin au contrat en cas d’embargo prolongé.

Droit au privilège maritime : Les salaires et autres créances des gens de mer sont considérés comme des « privilèges maritimes » en vertu de la loi et ces créances donnent naissance à un privilège légal sur le navire. C’est une garantie importante qui permet au marin de recouvrer ses créances de manière prioritaire par rapport aux autres créanciers (17e Chambre civile de la Cour d’appel régionale d’Izmir, 2022/1124 E. – 2022/1155 K.).

Conclusion

Au vu des décisions de justice actuelles, il est très difficile pour un marin de réclamer ses salaires (rémunération de la période restante) pour la durée du contrat s’il quitte son emploi avant le début de son contrat engagé en raison d’un embargo. En effet, en règle générale, le travailleur qui résilie lui-même le contrat n’a pas droit à la rémunération de la période restante.

Cependant, il existe des exceptions à cette situation. Si l’embargo résulte d’une action ou d’une omission de l’employeur, ou si l’employeur ne peut pas remplir ses obligations envers le marin (par exemple, le réemploi) pendant cette période, la situation du marin peut être considérée comme un « manquement de l’employeur » ou une « résiliation pour juste motif ». Dans les cas où le marin n’a aucune faute et où il est devenu impossible pour le navire de prendre la mer, il est possible que la Cour de cassation ordonne un paiement partiel conformément au principe de « droit et équité ».

En conclusion, le succès de la demande d’un marin dans une telle situation dépendra de sa capacité à prouver en détail les raisons de l’embargo, la faute du marin dans l’incident, si le contrat a été rendu effectivement impossible par l’employeur, et les dispositions de la loi applicable (Loi sur le travail maritime ou Code des obligations). Une suggestion d’article.

Pourquoi le soutien d’un avocat expert est-il nécessaire ?

Les contrats de service engagés des marins sont soumis à des réglementations spéciales dans le cadre de la loi sur le travail maritime et du code des obligations turc. La protection des droits découlant de situations telles qu’un embargo, l’annulation d’un voyage ou le non-respect par l’employeur de ses obligations, requiert des connaissances techniques et de l’expérience. En particulier, les procédures légales peuvent être complexes concernant des questions telles que la rémunération pour la durée restante du contrat, les indemnités de licenciement, les créances maritimes et le droit de gage légal sur le navire. Par conséquent, il est d’une grande importance que les personnes résidant dans des régions comme Istanbul, Tuzla, Pendik, Maltepe, Tepeören, Gebze et Çayırova travaillent avec un avocat spécialisé dans le domaine. Le soutien d’un avocat prévient les pertes de droits lors de la préparation des requêtes, de la collecte des preuves, des procédures d’exécution et du suivi des demandes d’indemnisation. Un soutien juridique professionnel assure une gestion appropriée des litiges relevant à la fois du droit du travail et du droit maritime.